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Ce petit
chantier n'est important que pour sa technique.
GENERALITES
Cette digue est
sans doute unique au monde par sa conception:
- en effet habituellement dans
un barrage en terre les galeries de vidange passent dans le rocher
de l'une des rives.
- Au Loukkos une galerie de
grande taille, de revetement plus de 1 m de béton, passe
à travers le barrage lui-même (enrochement, filtres,
et noyau).
Au Maroc, l'été
1984 a été marqué par la sécheresse,
et le barrage sur le Loukkos était pratiquement l'un des
seuls à avoir encore une réserve d'eau importante.
Objet des travaux
Au mois de mai une
fuite est apparue, à l'intérieur de la galerie, dont
le débit augmentait de jour en jour, en entrainant les éléments
fins du barrage (sable des filtres et argile du noyau).
Cette fuite était
située dans un joint du béton de revètement
de la galerie, à l'aval du noyau d'argile.
Dans un premier temps
l'Entreprise Générale à placé, le long
du joint:
- une toile de bidim
- une plaque de contreplaqué
épaisse
- une tôle métallique
scellée à la paroi.
Cependant l'eau continuait à
s'écouler au dessus des plaques, pour atteindre la voute
de la galerie (# à 8 m de hauteur).
En Septembre l'arrivée d'eau,
sous 2,5 kg /cm², avait un débit de 75 m3/h et continuait
à entrainer les éléments fins du barrage.
Plusieurs tentatives
pour injecter avaient été infructueuses.
METHODE
UTILISEE
Une série de forages de petit
diamètre on été faits de part et d'autres de
la plaque de tôle, de façon à recouper le passage
de l'eau dans le joint.
Perforation
avec petite foreuse à air.
- pré forage dans le béton
d'environ 50 cm de long (Diamètre # 50 mm), avec outil
diamantée pour couper les armatures de 50mm du revètement.
- scellement d'un tube, muni d'une
vanne, dans ce forage.
- reprise de la perforation jusqu'au
joint, (diamètre # 30 mm), avec outil diamantée
pour couper les armatures de 50 mm du revètement.
- un bon nombre de forages n'ont
pas recoupé le passage de l'eau.
- Lorsqu'un forage arrivait sur
le passage d'eau, la vanne était fermée.
Injection.
Le point important de ce chantier
était de trouver le coulis adapté, de nombreux mélanges
ont été testés:
- Ciment pur à forte concentration,
- Ciment pur à forte concentration,
avec différentes concentrations en silicate de sodium.
- Ciment pur à forte concentration,
avec différentes concentrations en silicate de sodium,
+ sable très grossier.
- Aucun coulis n'avait le temps
de se figer ( 30 secondes entre la sortie de la pompe et son
apparitiion dans l'eau de la fuite).
- Le dernier coulis, sans silicate,
nous a servi de base, ensuite nous avons ajouté différents
éléments:
- sciure de bois
- copeaux de bois (bouchaient
les pompes)
- du riz
- des lentilles.
- des petits grains de mais.
C'est 50 litres de ce dernier mélange
qui nous a permis d'arréter instantanément l'arrivée
d'eau.
C'est travaux ont
durés 3 semaines.
A signaler:
- un essai avec du goudron chaud,
en guise de coulis, s'est révélé trop difficile
à mettre en oeuvre.
- Le lendemain du colmatage, une
résine aqua réactive est arrivée de Belgique,
nous n'avons donc pas pu l'essayer.
Travaux préventifs pour
eventuel problème similaire (après colmatage de de
la fuite).
- poursuite des injections jusqu'à
refus.
- En effet il fallait combler
les vides du noyau provoqués par l'entrainement des
"fines"
- Mise en place de piézomètres,
au droit des joints, pour surveiller de possible nouveau écoulement.
Hypothèse
d'explication de l'origine de cette arrivée d'eau.
La structure en béton du
tunnel est rigide.
Un barrage en terre est soumis
à certains mouvements dus aux variations de niveau d'eau
de la retenue.
Il y aurait donc
eu un décollement des 2 éléments, permettant
à l'eau de passer.
D'autre part les water stop du joint,
traité, présentaient un défaut. C'est la raison
pour laquelle l'eau débouchait à cet endroit.
Dans un sens ce défaut avait
un certain avantage, car sans échapattoire par le tunnel,
l'eau aurait traverser tout le barrage, et il aurait été
très difficile de trouver une solution pour une réparation
"ponctuelle", comme cele a été le cas ici.
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