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BARRAGE DU LOUKKOS
Mai 1984 à mars 1985

BARRAGE

Réhabilitation

MAROC
Nord
à proximité de Larache

Technique:
Injection: colmatage d'une arrivée d'eau.
période de présence:

Septembre à Octobre 1984 +Janvier à mars 1985

Ce petit chantier n'est important que pour sa technique.

GENERALITES

Cette digue est sans doute unique au monde par sa conception:

  • en effet habituellement dans un barrage en terre les galeries de vidange passent dans le rocher de l'une des rives.
  • Au Loukkos une galerie de grande taille, de revetement plus de 1 m de béton, passe à travers le barrage lui-même (enrochement, filtres, et noyau).

Au Maroc, l'été 1984 a été marqué par la sécheresse, et le barrage sur le Loukkos était pratiquement l'un des seuls à avoir encore une réserve d'eau importante.

Objet des travaux

Au mois de mai une fuite est apparue, à l'intérieur de la galerie, dont le débit augmentait de jour en jour, en entrainant les éléments fins du barrage (sable des filtres et argile du noyau).

Cette fuite était située dans un joint du béton de revètement de la galerie, à l'aval du noyau d'argile.

Dans un premier temps l'Entreprise Générale à placé, le long du joint:

  • une toile de bidim
  • une plaque de contreplaqué épaisse
  • une tôle métallique scellée à la paroi.

Cependant l'eau continuait à s'écouler au dessus des plaques, pour atteindre la voute de la galerie (# à 8 m de hauteur).

En Septembre l'arrivée d'eau, sous 2,5 kg /cm², avait un débit de 75 m3/h et continuait à entrainer les éléments fins du barrage.

Plusieurs tentatives pour injecter avaient été infructueuses.

METHODE UTILISEE

Une série de forages de petit diamètre on été faits de part et d'autres de la plaque de tôle, de façon à recouper le passage de l'eau dans le joint.

Perforation avec petite foreuse à air.

  • pré forage dans le béton d'environ 50 cm de long (Diamètre # 50 mm), avec outil diamantée pour couper les armatures de 50mm du revètement.
  • scellement d'un tube, muni d'une vanne, dans ce forage.
  • reprise de la perforation jusqu'au joint, (diamètre # 30 mm), avec outil diamantée pour couper les armatures de 50 mm du revètement.
  • un bon nombre de forages n'ont pas recoupé le passage de l'eau.
  • Lorsqu'un forage arrivait sur le passage d'eau, la vanne était fermée.

Injection.

Le point important de ce chantier était de trouver le coulis adapté, de nombreux mélanges ont été testés:

  • Ciment pur à forte concentration,
  • Ciment pur à forte concentration, avec différentes concentrations en silicate de sodium.
  • Ciment pur à forte concentration, avec différentes concentrations en silicate de sodium, + sable très grossier.
    • Aucun coulis n'avait le temps de se figer ( 30 secondes entre la sortie de la pompe et son apparitiion dans l'eau de la fuite).
  • Le dernier coulis, sans silicate, nous a servi de base, ensuite nous avons ajouté différents éléments:
    • sciure de bois
    • copeaux de bois (bouchaient les pompes)
    • du riz
    • des lentilles.
    • des petits grains de mais.

C'est 50 litres de ce dernier mélange qui nous a permis d'arréter instantanément l'arrivée d'eau.

C'est travaux ont durés 3 semaines.

A signaler:

  • un essai avec du goudron chaud, en guise de coulis, s'est révélé trop difficile à mettre en oeuvre.
  • Le lendemain du colmatage, une résine aqua réactive est arrivée de Belgique, nous n'avons donc pas pu l'essayer.

 

Travaux préventifs pour eventuel problème similaire (après colmatage de de la fuite).

  • poursuite des injections jusqu'à refus.
    • En effet il fallait combler les vides du noyau provoqués par l'entrainement des "fines"
  • Mise en place de piézomètres, au droit des joints, pour surveiller de possible nouveau écoulement.

 

Hypothèse d'explication de l'origine de cette arrivée d'eau.

La structure en béton du tunnel est rigide.
Un barrage en terre est soumis à certains mouvements dus aux variations de niveau d'eau de la retenue.

Il y aurait donc eu un décollement des 2 éléments, permettant à l'eau de passer.

D'autre part les water stop du joint, traité, présentaient un défaut. C'est la raison pour laquelle l'eau débouchait à cet endroit.

Dans un sens ce défaut avait un certain avantage, car sans échapattoire par le tunnel, l'eau aurait traverser tout le barrage, et il aurait été très difficile de trouver une solution pour une réparation "ponctuelle", comme cele a été le cas ici.

materiel

Foreuse à main MONTABERT (air comprimé)
Sondeuse sensitive AB2 (Craeluis)
mélangeur AC2 (Soletanche)
2 pompes d'injection:

  • Pompe Moineau électrique, à débit constant.
  • Pompe à piston,Derihon à air, à débit alternatif.
Personnel

1 expatrié
# 20 Marocains

intervenants:

Maitre d'ouvrage
Entreprise Générale
:
Ingénieur conseil

DRH (Maroc)
DUMEZ
Coyne et Bellier.